Le présent tome contient les « Cahiers sur la question agraire », c’est-à-dire les matériaux préparatoires aux ouvra-ges consacrés par Lénine à l’analyse de l’agriculture capita-liste dans les pays d’Europe occidentale, en Russie et aux Etats-Unis d’Amérique, à la critique des théories bourgeoises et petites-bourgeoises, du réformisme et du révisionnisme appliqués à la question agraire. Les matériaux figurant dans ce tome se rapportent à la période de 1900-1916. Dans les conditions nouvelles qui marquent l’entrée du capitalisme dans son stade suprême et ultime d’évolution, le stade de l’impérialisme, Lénine porte une grande attention à l’élaboration et à la justifi-cation du programme agraire et de la politique agraire du parti prolétarien révolutionnaire, au développement de la théorie marxiste de la question agraire,qui traite des classes et de la lutte des classes dans les campagnes, de l’alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie sous la direction du prolétariat, de leur lutte commune contre les grands propriétaires fonciers et les capitalistes, pour la démocratie et le socialisme. Le sort de la révolution dépen-dait des alliés que se choisirait la paysannerie, qui repré-sentait la majorité ou une portion considérable de la popu-lation de nombreux pays européens. Pour conquérir la paysannerie, pour en faire l’alliée du prolétariat dans la révolution imminente, il fallait dénoncer jusqu’au bout les partis ennemis qui prétendaient à la direction de la paysannerie, ainsi que leurs penseurs. L’urgence de ces questions et leur portée internationale faisaient que les économistes bourgeois, les réformistes et les révisionnistes redoublaient d’attaques contre le marxisme. Défenseurs de la bourgeoisie, théoriciens des partis petits-bourgeois, social-démocrates opportunistes, tous faisaient la critique du marxisme. Tous rejettaient la théorie de la rente foncière de Marx, la loi de la concentration de la production dans l’agriculture et la supériorité de la grande production sur la petite; selon eux, l’agriculture se dévelop-pait suivant des lois à part, elle était régie par la « loi » irréversible de la « fertilité décroissante du sol ». Dans l’agriculture, pensaient-ils, le rôle décisif n’appartient pas au travail de l’homme ni aux instruments de travail, mais aux forces aveugles de la nature.