Depuis quinze ans, l'Ecosse possède un centre d’études géobotaniques dans l’Ecole de géographie biologique et de sociologie d’Edimbourg (Universily Hall). M. le professeur P. Geddes, fondateur et âme de cette institution avec laquelle sont associés bien des noms respectés dans le inonde scientifique, a toujours placé ces recherches en tête de son programme. Il a réussi à créer une tradition et à recruter, pour la maintenir, une série ininterrompue de spécialistes. De même que le mouvement, aujourd’hui vaste et actif, de l’étude de la nature (Nature Sludÿ) avait pris naissance dans celte atmosphère el s’élait répandu dans tout le pays, l’idée pbytogéographique fut propagée par A. Ilerbertson à Oxford; par W.-C. Smith à Leeds et par Robert Smith à Dundee, formant partout des adeptes. Par une heureuse combinaison, les géobotanistes écossais sont tous envoyés à l’institut de botanique de l’Université de Montpellier pour s’y rompre aux méthodes instituées par M. le professeur Ch. Flahault. Telle est aussi la double origine de ce travail. La petite école d’Edimbourg compte -déjà son martyr. VI Après avoir, pendant deux ans, cherché à adapter à son pays les méthodes françaises, llobert Smith mourut, pour ainsi dire, à la tâche. Dans ce court intervalle, il avait créé une routine de travail, obtenu une première synthèse, défini et fait connaître à l’Ecosse une branche jusque-là ignorée. Ses derniers travaux, dont plusieurs étaient, ina chevés, furent publiés par son frère, le D' W. G. Smith de Leeds, lequel, à son tour, avait porté la tradition en Angle terre. Pour reprendre les faits de plus haut, l’écologie, végétale a provoqué dans les îles britanniques deux mouvements principaux d’importance très inégale. Le premier, dit aussi de la Nature Sludy, s’occupe surtout de l’écologie indivi duelle ou spécifique, suivant la voie féconde indiquée par A. Kerver dans le, P/lanzenleben. On peut y associer les noms de G'.-E. Scott-Elliot, Marshall Ward, Prœgel, Pethy bridye, etc. Il possède une bibliographie déjà volumineuse et de bons travaux de vulgarisation par la plume et le crayon. Son influence comrnençe à se faire sentir dans tout renseignement botanique du premier et, du second degré et à briser la routine systématique et anatomique dans laquelle il s’enfoncait. Le mouvement synécolôgique ne fait, en somme, que débuter. .Mais, outre les essaims partis d’Édimbourg, il a reçu l’appui de travailleurs indépendants et possède déjà un cadre solide dans lequel on trouve, entre autres, les noms de Il .-G’. Smith, Moss, liankine, Lewis, Woodhead, Oliver et Tansley. Mais les façons d'aborder le même sujet n’ont pas été les mêmes. D’une part, Woodhead, Oliver et Tansley ont adopté la manière de voir de Cléments (États Unis) et, par une étude détaillée de très petites surfaces typiques à l aide des méthodes mathématiques les plus VII rigoureuses, visent à éclaircir le terrain par des généralisa tions successives. C’est la méthode synthétique. De l’autre, le point de vue dominant est celui des approximations successives, des analyses de plus en plus profondes, des échelles de plus en plus grandes. C'est la méthode analy tique. Noiis nous rangeons dans ce dernier groupe. Les deux procédés sont d’ailleurs nécessaires et complémen taires, de même que les deux grands mouvements de Vidio écologie el de la gynécologie