Précis de phytogénétique

Tác giả: G. Kuhnholtz-Lordat

Nhà xuất bản: Paris

Năm xuất bản: 1952

Số trang: 408

Ngôn ngữ: fr

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Georges Kuhnholtz-Lordat est un de mes plus anciens amis; je l’ai connu en 1920, lorsque je vins à Montpellier en qualité d’assistant d la Faculté des Sciences et d l’Ecole Na-tionale d’Agriculture. Nous avions alors un camarade commun, Jean Lichtenstein, d qui nous portions une égale admiration; je n’ai jamais rencontré de naturaliste mieux doué que Jean Lich-tenstein, observateur étonnant et érudit infatigable, il était promis aux plus brillantes destinées, si un mal affreux n’avait inter-rompu bien trop tôt sa carrière. Les discussions au laboratoire, les excursions dans la nature auxquelles j’ai participé avec Jean Lichtenstein et Georges Kuhnholtz-Lordat ont laissé en moi de fortes traces. C’est dans les garrigues monipelliéraines que j’ai compris la nécessité d’étudier l’être vivant dans son milieu. La thèse de Kuhnholtz-Lordat sur la végétation des dunes du Golfe du Lion, toute d’inspiration dynamique, demeure pour moi un modèle de recherches écologiques et bio-géographiques ; et je considère son admirable Cartographie parcellaire, en cours de publication, comme un document d’une inestimable valeur pour quiconque désire comprendre les peuplements végétaux et animaux, leur équilibre, leurs transformations. Kuhnholtz-Lordat n’a pas voulu quitter son Languedoc natal et je pense qu’il a bien fait. Dans le calme provincial, dans une nature qu’il connaît parfaitement, il a pu poursuivre son œuvre sans fièvre, avec un méticuleux souci de perfection. Le chercheur et l’érudit n’ont pas étouffé en lui le professeur. L’enseignement qu’il donne à fÉcole nationale d’Agriculture de Montpellier est réputé pour l’un des meilleurs qui soit pro fessé en cet établissement. L’ouvrage de Phylogénétique que je présente n’est, en fait, qu’un des cours de G. Kuhnholtz-Lordat qui a d’ailleurs tenu à lui conserver son caractère didactique. Chez nous, là Génétique n’a acquis que lentement ses droits de cité dans l’enseignement. Cuénot, découvreur des lois de Mendel chez les animaux et des fadeurs létaux, fut naturellement le premier à l’enseigner à Nancy du haut de sa chaire. Caullery, à Paris, vint plus lard. A Montpellier, en 1923, je crois bien avoir été le premier à l’introduire dans l’enseignement agricole, bien qu’elle fui ignorée des programmes officiels. En vérité, beaucoup de biologistes français, impressionnés par les critiques de Delage, d’Henneguy el surtout de Rabaud, considéraient avec une certaine méfiance la nouvelle science. Cette altitude réticente causa, c’est certain, un dommage d la Biologie française et il a fallu bien des efforts pour regagner, en partie seulement, le terrain perdu. Il ne faudrait cependant pas croire que toutes les critiques formulées naguère à l’égard de la Génétique étaient sans fondement. Certaines même demeurent valables. Mais devant les faits découverts, les expériences réalisées, les prévi sions contrôlées, on ne pouvait que s’incliner devant la jeune science victorieuse. De nouvelles el récentes attaques, parties de l’Est celte fois-ci, ne paraissent entamer ni le bloc des faits, ni leur interprétation génique. Sans doute, la science de l’hérédité est-elle jeune, sans doute trop de généralisations y ont été hâtives, prématurées, sans doute le cytoplasme a son mot d dire dans la transmission et la réalisation des caractères héréditaires, sans doute les influences du milieu (celui-ci compris dans son accep tion la plus large) ont-elles été trop négligées par les disciples de Weismann el de Morgan, mais l’édifice n’en est point menacé pour autant. Comme toute science, la Génétique en progressant se perfectionne el étend son champ d’investigation. Que certaines opinions trop schématiques, que certaines théories qui frisent le dogme soient atteintes, tant mieux, puisque la vérité s’en trouve serrée de plus près, mais parler de décadence ou de faillite est absurde. L’ouvrage de Kuhnhollz-Lordal présente avec une claire logique les éléments de la Génétique. Bien que ceux-ci soient les mêmes dans les deux Règnes, de nombreux problèmes spéciaux se posent au sujet des plantes : la xénie, conséquence de la double fécondation chez les Phanérogames, l’alloploïdie en sont deux exemples classiques el il y en a beaucoup d’autres. Dépouillé de vaine érudition, le livre de G. Kuhnhollz-Lordal se réduit à l’essentiel sans que l'exactitude des faits en soit altérée. Enseigner, c’est choisir; Kuhnholtz-Lordal démontre la valeur de ce précepte, dont devrait bien s’inspirer les fabricants de programmes scolaires, qui ne savent * pas éviter l’inflation et prennent les étudiants pour de nouveaux Pantagruel. Le souci de rattacher la théorie à la pratique s’exprime dans presque tous les écrits de G. Kuhnholtz-Lordal; dans le présent ouvrage, les principes fondamentaux étant exposés, l’auteur en montre les conséquences pratiques immédiates ou lointaines. Avec lui, la science n’est plus une entité toute intellectuelle, mais se mêle à la réalité, d la vie de l’homme. En lisant, le manuscrit de ce livre, je me laissais aller à envier les élèves qui ont bénéficié et bénéficieront d’un tel enseignement et je me disais que l’École d’Agriculture de Montpellier reste le grand centre d’enseignement et de recherches que j’ai connu, il y a quelque trente ans, avec des hommes tels que Picard, Ravaz, Lagatu et bien d’autres, aujourd’hui tous disparus. G. Kuhnholtz-Lordal, modestement, destine son livre aux seuls agronomes. Je puis lui prédire, sans risque de rite tromper, qu’il atteindra un public beaucoup plus étendu. Aucun ouvrage similaire n'existe en langue française. Les étudiants des Facultés des sciences et de pharmacie, tous les biologistes le liront avec profil; ils y feront, sans effort et avec plaisir, une riche récolle de faits et d’idées, apprenant par surplus que la Science ne perd rien à s’intéresser aux problèmes de la vie pratique.