Mémoires sur la deuxième guerre mondiale. I: L'orage approche d'une guerre à l'autre 1919-1939

Tác giả: Winston S. Churchill

Nhà xuất bản: Paris

Năm xuất bản: 1939

Số trang: 444

Ngôn ngữ: fr

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Comme dans mes œuvres précédentes, j’ai choisi de suivre ici, autant que j’ai pu, la méthode employée par Daniel de Foëdansses Mémoiresd’un Cavalier, où l’auteur ;ôttachex l’exposé et la discussion de grands événements d’ordre militaire et politique au fil de l’expérience per sonnelle d’un individu. Je suis peut-être le seul homme qui ait vécu les deux plus effroyables cataclysmes, que I histoire ait jamais connus, à des postes ministériels de première importance. Mais tandis que, lors de la pre mière guerre mondiale, j’eus à remplir des fonctions qui, pour être lourdes de responsabilités, ne me permettaient de jouer qu’un rôle subordonné, le second conflit qui nous opposa pendant plus de cinq années à l’Allemagne, me trouva à la tête /lu gouvernement de Sa Majesté. Et c’est ainsi que je peux écrire ces pages d’un point de vue différent et avec une autorité plus grande qu’il ne me le fut possible dans mes ouvrages antérieurs. Presque tout nrcu travail officiel se faisait en dic tant à des secrétaires. Pendant le temps où je fus Premier Ministre, il sortit de mon bureau des mémo randums, des directives, des télégrammes personnels et des communiqués divers qui doivent représenter près d’un million de mots. Il est probable que ces documents, écrits au jour le jour sous la pression des événements et à la lumière des seuls éléments d’information dont je disposais alors, présentent de nombreuses insuffisances. II n’en demeure pas moins que, pris dans leur ensemble, T. I. i Ij’UHE GUERRE A, eMjTRE nî un récit ininterrompu d'événements formi ils forrm-’ ye8 a vus celui oui.portait l’écrasante dables, tei n stratégie el de\a po\^e de pEm responsa Qornmonwealth britanniques. Et je ne surs pire et m» existe, qu’il ait même jamais exjsté sem pas sur * <»riV v1” quotidiens d^ dune guerre blable ’ " \nernent d’un pays. Je ne prétends point et du g° 1 , vhistoire, car c’est à une autre génération qu’elle soit u -yh-e l’histoire de notre temps, mais qu’incomnera nft&nce quelle apporte à cette histoire ^^Sntriutïon qui ne manquera pas d’être iitile h l’avenir- , d’action et de plaidoyers,en laveur Ces trent® q.‘-.e j représentent le grand effort de ma de causes ûe= r chose que d’être j"?-' vie * J» “ ,*T* ■ ' iamais écarW *» ” sur peoes. J« „ critiquer «uruue dea que * OU poliuque apres 1 evene sion de nawi . auçaravant publiquement ou ment, a mo* une ophdon ou donné un avertis officieUemen. li lu lueur des événements ultérieurs, sentent, b l^nner la rigueur de nombreux jugements j’aiten^ a ; teii de certaines discussions. Ce n’est pas portes • - ( faire état de ces divergences qui Baf15 t onnosé à*tant d’hommes que j’aimais ou respec Tn.0,‘ mals On n’a pas le droit de priver les générations Vtures des leçons du passé. Que nul ne s’autorise rnurtant à méjuger, ces hommes que leurs bonnes intentions recommandent àj^estime, et dont le rôle est évoqué dans cçs .pages, sans infowpg ir sa conscience, sans se remémorer la façon dont a a lui-même servi l’intérêt public, ni sans tirer du passé les enseignements qui dicteront sa conduite future. On pense bien que je ne m’attends pas à ce qu® tout le monde soit de mon avis, et moins encore je n’écris pour obtenir la laveur du public, le me borne a donner mon témoignage selon mes propres lumière8- Toutes les précautions possibles ont été‘prises p°^T vérifier les faits; toutefois la découverte de documenta PRÉFACE III trouvés chez l’ennemi, ou d’autres révélations, mettent constamment en lumière de nouveaux faits qui peuvent présenter sous un aspect différent certains événements dont j’avais cru pouvoir tirer des inclusions. C’est pourquoi il est imjèortant de se fonder sur les rapports contemporains authentiques et sur les opinions telles qu’elles s’exprimaient alors que tout était encore obscur. Le président Roosevelt me dit un jour qu’il allait demander publiquement que lui fût suggéré le nom qu’il convenais de donner à la guerre. Je lui fournis aussitôt cette réponse : « La Guerre-qui-n’était-pas-obligatoire. » Car il n’exista jamais de guerre .plus facile à éviter que celle qui vient de ravager ce qui subsistait du monde après le conflit précédent. Et cette tragédie de l’huma nité attejnt son paroxysme quand on doit constater que les efforts ’ les sacrifices de centaines de millions d’hommes, s’ils ont permis la victoire de la juste cause, ne nous ont encore acquis ni la paix, ni la sécurité et que nous demeurons aux prises avec des dangers pires que ceux que nous avons surmontés. C’est mon plus ferme espoir que ces méditations sur le passé nous montrent le chemin à suivre dans les jours à venir, qu’elles aident la jeune génération à réparer certaines erreurs anciennes, et à dominer les redoutables inconnues de l’avenir pour la plus grande satisfaction des aspirations de l’homme et de sa gloire