Tác giả: L. Heiberg; H. -G. Zeuthen
Nhà xuất bản: Paris
Năm xuất bản: 1943
Số trang: 742
Ngôn ngữ: fr
Voici lé dernier tome de la Correspondance. Il comprend environ deux cent quatre-vingt-cinq lettres, qui se répartissent entre cinquante-quatre correspondants. Relever, parmi ce*nom-bre, les noms les plus marquants est peut-être un peu délicat, parce qu'un Jel choix variera forcément suivant les attractions personnelles du lecteur. Philosophes et historiens de la philo-sophie se porteront tout de suite vers les lettres de Gaston Milhaud, de Paul Natorp, de Picavet, de Rodier, de Ludwig Stein, fondateur des Archiv fiir systemalische Philosophie et Archiv Jïir Geschichte der Philosophie, et surtout de Gustav TeichmüHer, qui a tenu et garde encore une place si brillante, soit dans la philosophie de la religion, soit dans l’histoire de la pensée grecque et spécialement du Platonisme. Les esprits qu’intéresse avant tout l'histoire des sciences auront leur attention éveillée par les noms de Manitius, Henri Martin, Léon Rodet, Schia-parelli, Jules Tannery, Tittel, Carra de Vaux, Zeuthen, alors qu’Henri Omont, Psichari, Théodore Reinach, Ruelle, Schlum berger, Usener, inviteront plus vite les philologues antiques ou byzantins. Mais qui ne serait curieux de lire, sur le multiple génie que fut Léonard de Vinci, quelques pages de « Jean Gaspard Félix Charles Ravaisson-Mollien », qui n’eut pas moins de spécialités, et brillantes, que de noms, ou bien, sur Socrate, les fantaisies outrancières de Georges Sorcl; Cependant, de telles distinctions sont réellement vraies, car philosophes ou littéra-teurs, historiens de la philosophie grecque ou médiévale, de la mathématique ancienne ou moderne, de l'astronomie ou de la musique, ou simples chercheurs, souvent membres de sociétés archéologiques locales, tout ce monde ne vient ici que pour solliciter ou pour satisfaire l’infatigable curiosité de Paul Tan-nery, et, si large que soit cette curiosité, le cen’re en est tou-jours l'histoire générale des sciences. Des problèmes qu'elle cherche à résoudre, entre les années 1877 et 1904, nous avons déjà relevé les plus importants à propos des tomes XII1-XV de la Correspondance. Ce sont les mêmes, ou à peu près, qui reviennent ici et, dans cet échange, au jour le jour, de questions et de réponses, percent à travers le multiple entre-croisement des recherches particulières, comme de robustes rameaux à travers la riche frondaison qu’ils supportent et qu’ils engendrent. Avec Manitius, Henri Martin, Schiaparelli, Weisseuborn, et même Henri Omont, c'est parti culièrement d’astronomie ancienne qu’il s'agit, soit de son histoire générale, de scs origines et, à ce propos, de ce que Schiaparelli appelle « le cancan zodiacal » dansé par Winckler et ses collègues babyloniens; soit de l’œuvre d’Hipparque, de ses Commentaires aux Phénomènes d'Aralus dont une partie, relative aux levers et couchers des étoiles, est retrouvée par Tannery dans les manuscrits de Pachymère; soit d’un manuscrit de Paris dont Martin s’est servi pour éditer Théou de Smyrne, ou, à Paris encore, des manuscrits relatifs à l'astrolabe, ou bien de l’histoire et de la composition de cet instrument. C’est de musique surtout que l’on discute avec Théodore heinach et même Émile Quelle : des Problèmes Musicaux d’Aristote, du Traité de ta Musique, de Plutarque, mais aussi, naturellement, des modes et des tons de la musique grecque et des curieux systèmes de correspondances entre le’s sept notes de la gamme et les sept voyelles de l'alphabet ou les sept planètes. Avec le baron Carra de Vaux, nous ne sommes pas étonnés de voir apparaître l’his toire'des mathématiciens arabes, aussi bien que l’histoire de la philosophie et de la pensée générale de l'Islam. Mais ce n’est pas le moindre attrait de cette correspondance particulière, qu elle nous permette d’assister aux étapes successives de la découverte, puis de l'interprétation et de l'édition, par Carra de Vaux, du Livre, des Appareils Pneumatiques et des machines hydrauliques de Philon de Byzance. Parmi les nombreuses lettres qui traitent des mathématiques anciennes, les plus intéressantes sont probablement celles qui s'échangent entre Tannery et Zeuthen. Il s’agit là non seulement de l’histoire de la théorie des Coniques dans l’antiquité, non seulement des méthodes qu'ont imaginées les plus grands mathématiciens grecs, mais aussi de la méthode et de l'esprit que nous devons porter dans l'interprétation de leurs décou vertes et dans la mesure des connaissances inexprimées qu’elles supposent. Ce qui donne, d’ailleurs à ces lettres, un intérêt humain plus direct, c’est à la fois le parallélisme des voies qu’ont suivies, indépendamment l’un de l'autre, Tannery et Zeuthen, et la franche sympathie, la mutuelle reconnaissance pour les suggestions reçues, la modestie, la tranquille probité avec laquelle chacun d’eux s’incline devant les mérites parli cirliei's de l'autre. Nulle part, je crois, dans cette immense correspondance entre savants de tous ordres et de tous pays, n’apparail plus manifeste et plus attachante cette fraternité dans la recherche, qui, par dessus les contradictions et les émulations, sinon les rivalités inévitables, lie entre eux les esprits les plus totalement dévoués à la vérité et les plus dignes de ses précieuses faveurs.