Tác giả: Vieillot, L. P. (Louis Pierre)
Nhà xuất bản: Paris
Năm xuất bản: 1805
Số trang: 192
Ngôn ngữ: fr
Contribuer aux amusemens de la plus belle et de la
plus aimable portion du genre humain , exciter son
intérêt, sa sensibilité, en lui procurant l’innocent spec tacle qu’offrent, dans leurs amours et leur petit ménage,
des oiseaux que la nature semble distinguer entre ses
favoris , par des teintes veloutées et brillantes , un
naturel gai, des habitudes douces, une voix agréable ;
attirer en même temps l’attention du naturaliste par
des détails nouveaux sur leur genre de vie : tel est le but
que je me suis proposé dans cet ouvrage. Les charmans
volatiles, que je réunis dans le même cadre, sont tous
étrangers ; les uns habitent l’Afrique et l’Asie , d’autres
ne se trouvent qu’en Amérique , plusieurs sont de la
Nouvelle-Hollande ou des îles de la mer du Sud. Quoique
d’une complexion délicate, et nés presque tous sous un
climat constamment chaud, ils sont, d’après leur nour riture , d’un transport facile, et ils peuvent résister au
froid de notre température. Mais lorsque le retour du
printems invite les habitans de nos bosquets aux plaisirs,
ils ne ressentent point son influence ; les femelles sur tout n’éprouvent pas le désir de se reproduire, ni même
le besoin d’aimer : notre climat, quelque chaud qu’il
soit, ne peut réveiller en elles ce sentiment inné dans
tous les animaux ; ou s’il se développe chez quelques unes, ce n’est que pour en faire des victimes ; la mort
les attend à la ponte , et peu lui échapperoient, si on ne
leur procuroit, dans ce moment critique, une chaleur
égale à celle de leur pays natal. Leur propagation y tient
tellement, que les Bengalis qu’on a transportés à la
Guiane y ont aussi-tôt multiplié, tandis qu’en Europe on ne les tenoit dans un local échauffé à la meme tempe-rature , comme on le fait pour obtenir les fleurs et les
fruits des plantes exotiques. Une chaleur aussi forte ne
leur est pas nécessaire en tout temps, mais elle est indis pensable à l’époque où les mâles sont ornés de leurs
plus brillantes couleurs. La nature , si grande dans ces
petites productions, ne les décore avec tant de luxe quà
l’instant où ils doivent plaire à leurs femelles ; ce n’est
qu’alors aussi qu elle perfectionne leur langage. La Feuve
se pare de son collier d’or et de ses longues plumes on-doyantes ; au gris sombre du Comba-Sou, succède un
riche bleu à reflets ; les couleurs ternes du Foudi dispa-roissent et sont remplacées par un rouge lustré ; le
Cardinal-Orix quitte la modeste parure de sa compagne
pour se revêtir de plumes aussi remarquables par leur
texture que par leur velouté, leur fraîcheur et leur éclat.
Mais c’est en vain que les mâles se couvrent de la robe
nuptiale , que le svelte Sénégali, l’élégant Grenadin,
l’aimable Bengali, déploient tous les agrémens de leur
gosier, que les jolies J7euves redoublent de vivacité, que
le bruyant Comba-Souplane au-dessus de sa compagne,
que le Dioch et le Cap-more s’occupent d’avance de la
construction du nid ; les beaux sons de leur voix , la
vivacité de leurs mouvemens, leurs caresses même ne
peuvent émouvoir leurs femelles, si on ne procure à
celles-ci une grande chaleur : toujours indifférentes,
elles fuient leur approche et se refusent à leurs désirs.
Ce n est pas assez de tenir ces oiseaux sous un climat
artificiel, il leur faut encore , pour les décider à s’oc-cuper d’une nouvelle génération, des matériaux pro pres a leur nid, des bosquets toujours verts et touffus.