Tác giả: Pière Pierrard
Nhà xuất bản: Paris
Năm xuất bản: 1669
Số trang: 412
Ngôn ngữ: fr
On a déjà beaucoup écrit sur le Nord et moi-même y ai souvent prêté la main. Mais, à y bien réfléchir, on ne consacrera jamais assez d’études à cette région qui reste à l’écart des grands circuits touristiques et qui, cependant, est peut-être la plus riche de France à la fois par ses ressources et les travaux de ses enfants et par le poids d’une histoire exceptionnellement chargée. On accuse son climat, comme s’il n’était fait que de frimas, de brumes et de pluies, alors qu’une enquête récente prouve qu’il est essentiellement tempéré, sans rigueurs excessives; se référant au Plat Pays de Verhaeren et de Jacques Brel, on accuse la mono tonie de ses horizons, alors que, du plateau picard à la plaine de Flandre, de la boutonnière boulonnaise au verdoyant Avesnois, les paysages y sont très diversifiés; on ne veut y voir que cheva lets de mines et cheminées d’usines, alors que ces provinces industrialisées sont aussi celles où les champs ont le plus d’am pleur. Visitant, en 1867, la région du Nord, le publiciste Louis Reybaud constatait : « L’esprit est ici constamment tendu vers le parti que l’on peut tirer des choses. » Les choses c’est, bien sûr, le charbon, le fer, la laine, le coton, ces quatre piliers de l’industrie moderne et qui, en un siècle, le xix9, ont fait du Nord l’un des points les plus actifs de la planète. Mais c’est aussi la mer proche — la mer du Nord et la Manche —, riche en poissons et en vaisseaux. C’est aussi et surtout la terre, la vieille terre naturellement féconde ou fertilisée par le travail acharné des hommes et qui fait de l’ensemble formé par les trois départements du Nord la première région agricole de France, l’une des plus opulentes du globe. En tête, la Flandre, la Flandre intérieure, le pays au bois avec ses murailles végétales, — peupliers, saules étêtés, aulnes jalonnant le cours des ruisseaux qui protègent des centaines de petites fermes; et aussi la Flandre maritime, plane, décou verte et ourlée de dîmes. Tous les voyageurs ont été fascinés par la beauté tranquille de ce pays et par le caractère à la fois moderne et minutieux de son agriculture : les Anglais Young et Rigby \ Michelet, Victor Hugo, Lamartine, Charles X qui, en 1827, ne peut s’arracher au spectacle de la Flandre étalée aux pieds du Mont-Cassel, ou ce sceptique Parisien qu’était Jouy écrivant en 1821 : « De quelque côté que je porte les yeux, je ne vois que les signes de la fécondité... Les jachères y sont inconnues, le système des grandes fermes y est proscrit et cependant ce pays est le plus florissant, le plus paisible et le plus heureux de la France à laquelle il sert d’école-modèle d’agriculture. » S’ils sont plus monotones, plus dénudés aussi, parce que largement déboisés au cours des siècles, les vastes plateaux crayeux et limoneux du Cambrésis, de l’Artois et de la Picardie ne le cèdent en rien à la Flandre, dont ils furent longtemps les pourvoyeurs en blé. Artois dont Verl