Essai d'un traité d'entomologie indochinoise

Tác giả: R. Vitalis de Salvaza

Nhà xuất bản: Paris

Năm xuất bản: 1919

Số trang: 328

Ngôn ngữ: fr

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En ce qui concerne le monde animal, un premier coup d’œil montre trois grandes catégories pratiques, n’ayant rien à faire avec la science, mais suffisantes pour les besoins pratiques de la plus grande partie des hommes. D’une part, les bêtes proprement dites, Minnombrable cohnç des animaux domestiques et des gibiers de poil ou de plume, intéressant l'agriculteur qui les élève, le boucher qui les débite, le charretier qui les emploie, le chasseur qui les traque ou les massacre, pour son utilité ou pour son simple plaisir, depuis le tireur de grosse bête jusqu’à l’âme simple qui garde des serins en cage. Le savant s'intéresse à une autre partie du monde animal, celui des infiniment petits, que l’œil puissant du microscope peut-seul déceler et que le vulgaire ne connaît que par leurs terribles effets. Il est un troisième monde entre ces deux mondes de géants et d’atomes animés. Les êtres qui le composent sont d’un ordre de gran-deur qui les rend accesibles aux yeux de l’homme, mais qui détourne en même temps de leur observation. Leurs mœurs sont mystérieuses, leur nombre infini. Si peu qu’on les étudie, on y rencontre au premier pas tant de choses inattendues que l'esprit s'y perd et éprouve un véritable malaise et comme une sorte de vague frayeur. On a . compris que je veux p'arler des insectes. * Pour la plupart des hommes, les insectes n'existent pour ainsi dire pas. On a de rares rencontres avec ces êtres, lors d’un dégât, fait par eux dans leur action ténébreuse, incessante et silencieuse. On sait d’une façon vague que nous leur devons le miel et la soie, le stick- laque él' le carmin. On est excédé, certains soirs de printemps, par leurs légions sorties brusquement de mystérieuses retraits‘à la faveur d une orageuse soirée. Mais, le lendemain, tout a disparu, et l’on oublie ces éphémères jusqu’il leur prochain méfait. v Certains s’y intéressent’ cependant ; la richesse et- lœ bizarrerie de leur livrée attire les collectionneurs. Les papillons surtout attirent l’attention par la splendeur et l’infinie diversité de leurs ailes. Mais la plupart des collectionneurs se contentent de piquer ces bijoux chatoyants dans des boites de carton, et n’osent pas se risquer dans la forêt revêche des classifica tions scientifiques. C'est pourquoi nous devons une reconnaissance très grande à ceux qui, comme-M. > Vitalis, n’ont pas craint d'affronter, pour nous en éviter la peine, cette brousse, hérissée de termes * techniques et de dénominations 'bizarres etfiions ont donné des guides surs pour nous débrouiller parmi les milliers de genres et d'espèces jpie comprennpzti les divers ordres des insectes. Voilà déjà des années qu'il poursuit, chasseur infatigable, malgré les fatigues et la maladie, le récolement de la faune entomologique de /'Indochine française. En ce moment, il continue ses-recherches, au Laos, le pays des grands coléoptère» et des lépidoptères étincelants. L'ouvrage que M. Virai.is présente qu public, ne réalise pas, par suite des circonstances eL du moment où il est publié, ce que l’auteur s’éta'it proposé, et qu'il était capable de faire. On sait que, lorsqu'il s’agit des insectes, la difficulté, de l’étude et son étendue font que ht besogqe doit être partagée entre plusieurs collaborateurs. Ces érudits des sciences de la nature sont peu nombreux dans le monde, et correspondent, pour leurs recherches, de F'rance aux Etats-Unis, de Suède aux Indes. M. Vitalis est un de ces spécialistes mondiaux, en ce qui concerne les lépidoptères. Mais, parmi ceux qui devaient déterminer les trouvailles qu’il a faites parmi les autres ordres d’insectes, l’âge et surtout la guerre ont fait des coupes sombres. Beaucoup de lettres sont restées sans; réponse, beaucoup de précieux envois ont été perdus sans retour. De plus, au cours d'une impression lente et difficile, raideur n'a pas cessé de chercher et de découvrir. Mdis il fallait que l’ouvrage fût publié, car il contient des faits qui changent complètement les idées reçues touchant certains points de géographie entomologique. C’est pourquoi mon plus vif souhait est non pas que l'ouvrage ait du succès (il est certain d’en avoir dans le cercle un peu restrei.it que ces recherches intéressent) ; mais qu’il ail le plus toi possible une seconde édition, dans laquelle viendra prendre place la récente mois- ’ son de l'auteur. El peut-être en sortira-t-il quelque nouvelle lueur sur cet univers étrange et déconcertant, sur ces êtres chez qui rien ne rappelle ce que nous savons et dont nous savons si peu de choses encore malgré l'incessant progrès des sciences, que ce soit dans le domaine de la sensibilité, dans celui de l’instinct, dans celui de l'organisation de la matière animée ou dans celui de la signification métaphysique des mondes.